From m.brielle at libertysurf.fr Wed Aug 27 16:18:51 2008 From: m.brielle at libertysurf.fr (mb) Date: Wed, 27 Aug 2008 16:18:51 +0200 Subject: [Interm] =?iso-8859-1?q?Ca_s=27est_pass=E9_au_festival_d=27Avigno?= =?iso-8859-1?q?n_cette_ann=E9e?= In-Reply-To: <6BF71F46-9A02-4D7C-9217-556DAE84D39B@wanadoo.fr> References: <48B4CDCD.1030501@free.fr>, <6BF71F46-9A02-4D7C-9217-556DAE84D39B@wanadoo.fr> Message-ID: <48B57E6B.3168.1CC0784@m.brielle.libertysurf.fr> ---- De : muriel pelca Envoy? le : Wed, 27 Aug 2008 14:07:54 +0200 Objet : [Annexistants] Fwd: [Fwd: Fw: [ATTAC81] Ca s'est pass? au festival d'Avignon cette ann?e] D?but du message r?exp?di? : > De : "Jack & Eva" > Date : 25 ao?t 2008 13:58:54 HAEC > ? : "chris c" > Objet : Fw: [ATTAC81] Ca s'est pass? au festival d'Avignon cette ann?e Je m?appelle Patrick Mohr. Je suis n? le 18 septembre 1962 ? Gen?ve. Je suis acteur, metteur en sc?ne et auteur. A Gen?ve je dirige une compagnie, le th??tre Spirale, je co-dirige le th??tre de la Parfumerie et m?occupe ?galement du festival ? De bouche ? oreille. Dans le cadre de mes activit?s artistiques, je viens r?guli?rement au festival d?Avignon pour y d?couvrir des spectacles du ? in ? et du ? off ?. Notre compagnie s?y est d?ailleurs produite ? trois reprises. Cette ann?e, je suis arriv? dans la r?gion depuis le 10 juillet et j?ai assist? ? de nombreux spectacles. Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d?une repr?sentation d?une pi?ce tr?s dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais ? l?ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir ? un spectacle donn? par un couple d?acrobates. A la fin de leur num?ro, je m?avance pour mettre une pi?ce dans leur chapeau lorsque j?entends le son d?un Djemb? (tambour africain) derri?re moi. Etant passionn? par la culture africaine. (J?y ai mont? plusieurs spectacles et ai eu l?occasion d?y faire des tourn?es.) Je m?appr?te ? ?couter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni. (Sorte de contrebasse surtout utilis?e par les chasseurs en Afrique de l?Ouest.) A peine commencent-ils ? jouer qu?un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contr?ler leur identit?. Contrari?, je me d?cide ? intervenir. Ayant d?j? subit des violences polici?res dans le m?me type de circonstances il y a une vingtaine d?ann?e ? Paris, je me suis adress? ? eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma pr?c?dente m?saventure bien en t?te. Mais je me suis dit que j??tais plus ?g?, que l?on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une d?mocratie et que j?avais le droit de m?exprimer face ? ce qui me semblait une injustice. J?aborde donc un des C.R.S et lui demande : ? Pourquoi contr?ler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? ? R?ponse imm?diate. ? Ta gueule, m?le-toi de ce qui te regardes! ? Justement ?a me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. ? Regard incr?dule. ? Tes papiers ! ? ? Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. ? ? Mets-lui les menottes ! ? ? Mais vous n?avez pas le droit de... ? Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres. ? Tu vas voir si on n?a pas le droit.? Et brusquement la sc?ne a d?rap?. Ils se sont jet?s sur moi avec une sauvagerie inou?e. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient ? la sc?ne ont recul? choqu?s alors qu?ils me projetaient au sol, me plaquaient la t?te contre les pav?s, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arri?re comme un poulet d?sarticul? et m?enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m?ont relev? et m?ont jet? en avant en me retenant par la cha?ne. La menotte gauche m?a tordu le poignet et a p?n?tr? profond?ment mes chairs. J?ai hurl? : ? Vous n?avez pas le droit, arr?tez, vous me cassez le bras ! ? ? Tu vas voir ce que tu vas voir esp?ce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arr?te de g?mir ! ? Et ils me frottent la t?te contre les pav?s me tordent et me frappent, me tra?nent, me re- plaquent ? terre. La foule horrifi?e s??carte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s?indignent, sifflent, mais personne n?ose interrompre cette interpellation d?une violence inou?e. Je suis tra?n? au sol et malmen? jusqu?? leur fourgonnette qui se trouve ? la place de l?horloge 500 m . plus bas. L?. Ils me jettent dans le v?hicule, je tente de m?asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les si?ges, face contre terre, il me plaque un pied sur les c?tes et l?autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer. ? S?il vous plait, n?appuyez pas comme ?a, vous me coupez la circulation. ? ? C?est pour ma s?curit?. ? Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu?au commissariat de St Roch Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j?ai l?impression d?avoir le poignet bris?, les ?paules d?mises, je mange la poussi?re. On m?extrait du fourgon toujours avec autant de d?licatesse. Je vous passe les d?tails de l?interrogatoire que j?ai subi dans un ?tat lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupi?res de la femme qui posait les questions. ? Vous ?tes de quelle nationalit? ? ? ? Suisse. ? ? Vous ?tes un sacr? fouteur de merde ? ? Vous n?avez pas le droit de m?insulter ? ? C?est pas une insulte, la merde ? (Petit rire.) C?est fou comme la m?moire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les d?tails de cette arrestation et de ma garde ? vue resterons grav?s ? vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l?on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au m?pris et ? une forme d?inhumanit? plus sournoise. Je demande que l?on m??te les menottes qui m?ont douloureusement entaill? les poignets et que l?on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j?aurais mieux fait de r?fl?chir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe imm?diatement la parole. Je comprends qu?ici on ne peut pas s?exprimer librement. Ils font volontairement tra?ner avant de m?enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les cl?s. Je ne sens plus ma main droite. Fouille int?grale. On me retire ce que j?ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite bo?te. ? Enlevez vos v?tements ! ? J?ai tellement mal que je n?y arrive presque pas. ? D?p?chez-vous, on n'a pas que ?a ? faire. La boucle d?oreille ! ? J?essaye de l??ter sans y parvenir. ? Je ne l?ai pas enlev?e depuis des ann?es. Elle n?a plus de fermoir. ? ? Ma patience ? des limites vous vous d?brouillez pour l?enlever, c?est tout ! ? Je force en tirant sur le lob de l?oreille, la boucle l?che. ? Baissez la culotte ! ? Je m?ex?cute. Apr?s la fouille ils m?am?nent dans une petite cellule de garde ? vue. 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige viss?e au mur. Les parois sont tagu?es, gratt?es par les inscriptions griffonn?es ? la h?te par les d?tenus de passage. Au briquet ou grav? avec les ongles dans le cr?pis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid...... chacun laisse sa marque. L?attente commence. Pas d?eau, pas de nourriture. Je r?clame en vain de la glace pour faire d?senfler mon bras. Les murs et le sol sont souill?s de t?ches de sang, d?urine et d?excr?ments. Un m?chant n?on est allum? en permanence. Le temps s??tire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m?emp?che de dormir. J?ai l?impression d?avoir le coeur qui pulse dans ma main. D?ailleurs alors que j??cris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas ? dormir normalement. J??cris tout cela en d?tails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m?est arriv? est tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j?ai endur?. Je sais aussi que si j??tais noir ou arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C?est pour cela que j??cris et porte plainte. Car j?estime que dans la police fran?aise et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous le couvert de l?uniforme laissent libre cour ? leurs plus bas instincts. (Evidement il y a aussi des arrestations justifi?es, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des d?rapages qui me semblent beaucoup trop fr?quents.) Que ces dangers publics s?vissent en toute impunit? au sein d?un service public qui serait cens? prot?ger les citoyens est inadmissible dans un ?tat de droit. J?ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu?un de profond?ment non violent, par conviction, ce type de m?saventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais ais?ment basculer dans la violence et l?envie de vengeance. Je suis persuad? que ce type d?action de la police nationale visant ? instaurer la peur ne fait qu?augmenter l?ins?curit? en France et stimuler la suspicion et la haine d?une partie de la population (Des jeunes en particulier.) face ? la Police. En polarisant ainsi la population on cr?e une tension perp?tuelle extr?mement perverse. Comme je suis un homme de culture et de communication je r?ponds ? cette violence avec mes armes. L??criture et la parole. Durant les 16h qu?a dur? ma d?tention. (Avec les nouvelles lois, on aurait m?me pu me garder 48h en garde ? vue.) Je n?ai vu dans les cellules que des gens d?origine africaine et des gitans. Nous ?tions tous trait? avec un m?pris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d?aller aux toilettes. Il appelait sans rel?che depuis pr?s d?une demi heure, personne ne venait. Il c?est mit ? taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exasp?r? surgit. ?Qu?est ce qu?il y a ? ? ? J?ai besoin d?aller aux chiottes. ? ? Y a une coupure d?eau. ? Mais j?ai besoin. ? ? Y a pas d?eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pig?. ? Mon voisin qui n?est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu?il est malade, qu?il va faire ses besoins dans la cellule. ? Si tu fais ?a on te fait essuyer avec ton t-shirt. ? Les coups redoublent. Une voix f?minine lance d?un air moqueur. ? Vas-y avec la t?te pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. ? Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie. Apr?s une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit ?criteau, comme dans les films. La dame qui s?occupe de cela est la premi?re personne qui me parle avec humanit? et un peu de compassion depuis le d?but de ce cauchemar. ? Hee bien, ils vous ont pas rat?. C?est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu?on a aussi des sacr?s cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ?a. ? J?aimerais la croire. Un officier vient me chercher pour que je d?pose ma version des faits et me faire conna?tre celle de ceux qui m?ont interpell?. J?apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation ? l??meute et violence envers des d?positaires de l?autorit? publique. C?est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agress?s verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires asserment?s peuvent ils mentir aussi ?hontement ? Je raconte ma version des faits ? l?officier. Je sens que sans vouloir l?admettre devant moi, il se rend compte qu?ils ont commis une gaffe. Ma d?position est transmise au procureur et vers midi je suis finalement lib?r?. J?erre dans la ville comme un boxeur sonn?. Je marche p?niblement. Un mistral ? d?corner les boeufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d?aller tout de suite ? l?h?pital faire un constat m?dical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins h?tifs. Dans la salle d?attente, je lis un journal qui m?apprend que le gouvernement veut supprimer 200 h?pitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l??ducation. Sur la fa?ade du commissariat de St Roch j?ai pu lire qu?il allait ?tre r?nov? pour 19 millions d?Euros. Les budgets de la s?curit? sont ? la hausse, on diminue la sant?, le social et l??ducation. Pas de commentaires. Je n??cris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face ? un syst?me qui tol?re ce type de violence. Sans doute suis-je na?f de m?indigner. La plupart des Fran?ais auxquels j?ai racont? cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d?autant plus choquant. Ma na?vet?, je la revendique, comme je revendique le droit de m?indigner face ? l?injustice. M?me si cela peut para?tre de petites injustices. C?est la somme de nos petits silences et de nos petites l?chet?s qui peut conduire ? une d?mission collective et en dernier recours aux pires syst?mes totalitaires. (Nous n?en sommes bien ?videment heureusement pas encore l?.) Depuis ma sortie, nous sommes retourn?s sur la place de papes et nous avons r?ussi ? trouver une douzaine de t?moins qui ont accept? d??crire leur version des faits qui corroborent tous ce que j?ai dis. Ils certifient tous que je n?ai prof?r? aucunes insultes ni n?ai commis aucune violence. Les t?moignages soulignent l?incroyable brutalit? de l?intervention des CRS et la totale disproportion de leur r?action face ? mon intervention. J?ai essay? de retrouver des images des faits, mais malheureusement les cam?ras qui surveillent la place sont g?r?es par la police et, comme par hasard elles sont en panne depuis d?but juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu t?moigner, mais le temps de sortir de garde ? vue, de me faire soigner et de r?cup?rer suffisamment d??nergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n?ai pu en rassembler qu?une douzaine. J?esp?re toujours que peut ?tre quelqu?un ait photographi? ou m?me film? la sc?ne et que je parvienne ? r?cup?rer ces images qui prouveraient de mani?re d?finitive ce qui c?est pass?. Apr?s 5 jours soudain, un monsieur africain m?a abord?, c??tait l?un des musiciens qui avait ?t? interpell?. Il ?tait tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n?avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d??tre intervenu en leur faveur. Il ?tait profond?ment touch? et surpris par mon intervention et m?a dit qu?il habitait Grenoble, qu?il avait 3 enfants et qu?il ?tait fran?ais. Qu?il viendrait t?moigner pour moi. Qu?il s?appelait Moussa Sanou. ? Sanou , c?est un nom de l?ethnie Bobo. Vous ?tes de Bobo- Dioulasso ? ? ? Oui. ? Nous nous sommes sourit et je l?ai salu? dans sa langue en Dioula. Il se trouve que je vais justement cr?er un spectacle prochainement ? Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pi?ce qui est une adaptation de nouvelles de l?auteur Mozambicain Mia Couto s?appellera ? Chaque homme est une race ? et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Co?ncidence ? Je ne crois pas. Je suis content d?avoir d?fendu un ami, m?me si je ne le connaissais pas encore. La pi?ce commence par ce dialogue pr?monitoire. Quand on lui demanda de quelle race il ?tait, il r?pondit : ? Ma race c?est moi. ? Invit? ? s?expliquer il ajouta ? Ma race c?est celui que je suis. Toute personne est ? elle seule une humanit?. Chaque homme est une race, monsieur le policier. ? > Patrick Mohr 28 juillet 2008 From ecrito at club-internet.fr Wed Aug 27 16:59:14 2008 From: ecrito at club-internet.fr (tomboul) Date: Wed, 27 Aug 2008 16:59:14 +0200 Subject: [Interm] =?iso-8859-1?q?Ca_s=27est_pass=E9_au_festival_d=27Avigno?= =?iso-8859-1?q?n_cette_ann=E9e?= In-Reply-To: <48B57E6B.3168.1CC0784@m.brielle.libertysurf.fr> References: <48B4CDCD.1030501@free.fr>, <6BF71F46-9A02-4D7C-9217-556DAE84D39B@wanadoo.fr> <48B57E6B.3168.1CC0784@m.brielle.libertysurf.fr> Message-ID: <48B56BC2.9020906@club-internet.fr> Triste r?cit, triste constatation d'impuissance et face ? ce qu'?crit Patrick Mohr sur la sommes des petits silences : ---------------------------- ... Je n??cris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face ? un syst?me qui tol?re ce type de violence. Sans doute suis-je na?f de m?indigner. La plupart des Fran?ais auxquels j?ai racont? cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d?autant plus choquant. Ma na?vet?, je la revendique, comme je revendique le droit de m?indigner face ? l?injustice. M?me si cela peut para?tre de petites injustices. C?est la somme de nos petits silences et de nos petites l?chet?s qui peut conduire ? une d?mission collective et en dernier recours aux pires syst?mes totalitaires ... ---------------------------- Je dirais que nous petit peuple, qui n'avons aucun pouvoir, ni politique, ni m?diatique etc ... pouvons toujours parler, crier, protester, voter etc ... rien n'y changera. Les vrais responsables de cette situation sont les ?lites repr?sentatives des pouvoirs de masse autant m?diatiques que politiques. Lorsqu'un Johnny, Doc Gyn?co, Bigard etc... cautionnent cette politique, lorsqu'un Kouchner, Jack Lang, etc ... se taisent et minimisent les faits, lorsque des journalistes peureux de perdre leur promotion se taisent, il se cr?e une chape de plomb filtrant toutes informations sur cette situation ubuesque dont ils sont les complices directs. Pourtant ils sont nombreux parmi ceux qui ont un petit pieds dans la sph?re ? avoir protester leur indignation (PC, LCR, Vert, certains PS, quelques quotidiens etc ...), mais cela n'a aucune cons?quence tant que des hauts responsables touchant les masses ne mettent pas le pied ? l'?trier. La france a ?t? d?nonc?e par plusieurs organisation des droits de l'homme, elle est montr?e du doigt par l'europe, et tout ce petit monde se tait. Ca ne date pas d'hier ni de Sarko, et franchement, moi qui ?tait jeune dans les ann?es Giscard, je peux vous dire qu'on a eux un bon coup d'oxyg?ne lorsque le PS a pris le pouvoir, mais h?las ?a n'a pas dur? longtemps !!! Tomboul From jlg at kinoks.org Fri Aug 29 11:42:47 2008 From: jlg at kinoks.org (JLG) Date: Fri, 29 Aug 2008 11:42:47 +0200 Subject: [Interm] =?windows-1252?q?Pour_une_garantie_de_revenu_et_la_conti?= =?windows-1252?q?nuit=E9_des_droits?= Message-ID: <48B7C497.3010901@kinoks.org> Pour une garantie de revenu et la continuit? des droits Plate-forme revendicative des associations de ch?meurs et de pr?caires Face ? la persistance depuis trois d?cennies d?un ch?mage de masse et au d?veloppement de la pr?carit? de l?emploi, il est n?cessaire de refonder la protection sociale et les droits des personnes sans emploi ou alternant emploi et ch?mage. Le ch?mage est un choix de la soci?t? lib?rale et un outil majeur du patronat et du pouvoir pour faire pression ? la baisse sur les salaires, casser les acquis sociaux. C?est pourquoi le ch?mage est de plus en plus mal indemnis? : moins de la moiti? des demandeurs d?emploi recens?s sont actuellement indemnis?s par l?UNEDIC, pour des dur?es de plus en plus courtes. Ils sont soumis au harc?lement du service de l?emploi et de l?UNEDIC pour accepter n?importe quel emploi ? n?importe quelles conditions. Face ? cette offensive principalement men?e par le MEDEF, nous opposons le droit ? un emploi bien pay? et de qualit?, le droit ? une garantie de revenu, et l?instauration d?une continuit? des droits pour tous et toutes. Au fil des ren?gociations UNEDIC, l? indemnisation s?est d?grad?e, les conditions pour y acc?der se sont durcies, alors que la d?r?glementation et la pr?carit? se sont g?n?ralis?es sur le march? de l?emploi : en 1979, il suffisait pour un salari? d?avoir cotis? 3 mois pour ouvrir droit ? l?indemnisation ; aujourd?hui, ? l?exception des intermittents du spectacle qui peuvent encore ouvrir des droits, eux aussi diminu?s, sur la base de 507 heures d?emploi sur dix mois, toutes les personnes ayant ?t? employ?es moins de 6 mois dans les 22 derniers mois demeurent exclues de l?assurance-ch?mage. La convention UNEDIC 2006 et la r?organisation des fili?res ont entra?n? l?amputation des droits de 187 000 personnes. Alors que l?activit? ? temps partiel se d?veloppe, les r?gles de cumul allocation/salaire se durcissent. D?sormais ce cumul sera autoris? ? condition de ne pas d?passer 110 heures d?emploi mensuel (au lieu de 136) pour une dur?e limit?e ? 15 mois (au lieu de 18). Les ch?meurs saisonniers, parents pauvres de l?assurance-ch?mage, ne peuvent d?sormais b?n?ficier que de 3 p?riodes successives d?indemnisation. En 2005, pour la premi?re fois, les allocations ch?mage n?ont pas ?t? rehauss?es. Le r?gime d?indemnisation des intermittents du spectacle (annexes 8 et 10 de l?UNEDIC) a subi de graves atteintes, avec la suppression de la date anniversaire de recalcul des droits, la baisse de la dur?e d?indemnisation ? 8 mois au lieu de 12 - et la ? sanctuarisation ? du r?gime - presque plus aucune prise en compte des heures venant d?autres activit?s -, attaques qui ont jet? dans la pr?carit? des dizaines de milliers de personnes, dont 42 000 ont pu avoir acc?s ? une allocation de fonds transitoire (AFT) gagn?e par la lutte de 2004. Ce fonds dispara?trait si le Protocole du 18 avril 2006 ?tait agr??. La plate-forme commune, issue des propositions de la Coordination des Intermittents et Pr?caires et de la CGT, ?labor?e dans le comit? de suivi ? l?Assembl?e nationale, et qui a donn? lieu ? une proposition de loi soutenue par plus de 470 parlementaires, n?est pas m?me examin?e par le gouvernement et les signataires des accords ? l?UNEDIC, alors qu?elle est r?put?e plus adapt?e et plus vertueuse (incitation ? la d?claration, plafonnement des allocations vers?es en fonction des salaires per?us). En mati?re de formation, l?allocation de formation-reclassement (AFR) cr??e en 1988 permettait aux ch?meurs indemnis?s de continuer ? percevoir leurs allocations tout en suivant une formation d?une dur?e minimale de 40 heures et maximale de 3 ans. R?duite en 1997, l?AFR a ?t? supprim?e en 2001 avec la mise en place du Plan d?Aide au Retour ? l?Emploi (PARE). Une prise en charge des frais de formation n?est maintenant possible qu?? condition que la formation soit homologu?e par l?Assedic (formations courtes et sur les m?tiers ? en tension ?). Aujourd?hui, plus de 6 millions de personnes d?pendent des minima sociaux (3,3 millions d?allocataires et leurs ayant-droits). Alors que les fraudes aux minima sociaux ne concernent que 0,00014 % des allocataires et que 42,8 % des dossiers RMI supportent d?j? des contr?les rigoureux, la r?forme en cours de ces minima a pour principales dispositions la mise en place d?amendes allant jusqu?? 4 500 euros, la cr?ation d?une Allocation Unique d?Insertion qui regrouperait le RMI, l?API(allocation de parent isol?) et l?ASS(allocation sp?cifique de solidarit?), dont la finalit? selon le gouvernement serait de ? remettre l?activit? au c?ur de la politique sociale ?. Alors qu?en 1990, un RMI mensuel ?quivalait ? 67 SMIC horaires (heures de travail pay?es au SMIC), en 2004 il n??quivaut plus qu?? 50 SMIC horaires ! La pr?carit? comme le ch?mage sont d?j? majoritairement f?minins. La pr?carit? de l?emploi a consid?rablement augment? et est devenue la norme pour les jeunes g?n?rations : 80% des embauches se font en CDD d?une dur?e moyenne d?un mois et demi. Le CNE cr?? en ao?t 2005 et permettant le licenciement sans motif pendant 2 ans, c?est-?-dire le renoncement ? toute revendication salariale et syndicale, a ?t? une aubaine pour les petites entreprises (la plupart du temps en lieu et place de CDI ou de CDD) et reste accessible ? toutes les entreprises de moins de 20 salari?s (soit 6 millions de salari?s). On d?nombre 800 000 stages, pour la plupart non r?mun?r?s et non consid?r?s comme des contrats de travail, qui constituent autant d?emplois d?guis?s. Les fins de CDD et d?int?rim sont la principale cause d?entr?e au ch?mage, devant les licenciements. Les entreprises qui pratiquent la flexibilit? ? tout va doivent payer pour les co?ts sociaux engendr?s. Les organisations de ch?meurs et de lutte contre le ch?mage, AC !, APEIS, MNCP, les associations de pr?caires, G?n?ration Pr?caire et Stop Pr?carit?, la Coordination des Intermittents et Pr?caires, le Collectif National pour les Droits des Femmes, Act-Up, la Conf?d?ration Paysanne consid?rent avec int?r?t les propositions des organisations syndicales en mati?re de ? nouveau statut du salari? ? et de ? s?curit? sociale professionnelle ?, notamment celles de l?Union Syndicale Solidaires et de la CGT. Elles r?affirment que tout syst?me de protection contre les licenciements et de s?curit? ?conomique et sociale ne peut r?pondre aux d?fis de la p?riode que s?il est ouvert ? tous-tes, salari?s potentiels, en poste ou non, ch?meurs, primo-demandeurs d?emploi, travailleurs ind?pendants. Personne ne doit rester sur le bord du chemin. Le syst?me de protection que nous r?clamons doit ?tre universel pour r?pondre ? la balkanisation actuelle du syst?me d?assurance-ch?mage (allocations Assedic ? capitalis?es ? par fili?res) et ? la stigmatisation des allocataires du syst?me d?assistance (minima sociaux). Nous refusons toute logique de ? workfare ?( retour contraint ? un emploi) ou de ? learnfare ?(obligation d?accepter une formation au rabais). Le niveau de revenu garanti doit permettre de vivre d?cemment. Aussi les associations de ch?meurs et de pr?caires exigent-elles l?ouverture rapide de n?gociations pour la refonte du syst?me d?assurance ch?mage, devenu totalement inadapt? aux enjeux actuels, et la cr?ation de droits nouveaux pour les ch?meurs et l?ensemble des salari?s autour des revendications suivantes : - L?acc?s de tous les ch?meurs et pr?caires (travailleurs en emploi discontinu, ?tudiants, stagiaires, en temps partiel impos?, allocataires de minima sociaux dont allocataires de l?AAH (allocation d?adulte handicap?), etc?), y compris les primo-demandeurs d?emploi, ? un statut de vie sociale et professionnelle garantissant dans tous les cas (licenciement, fin de CDD ou de mission d?int?rim, d?mission?) le maintien d?un revenu individuel d?cent ayant au minimum pour r?f?rence le SMIC revaloris? et des droits sociaux aff?rents ? ce statut (formation, points de retraite, progression de carri?re?), et la possibilit? de tout-e travailleur-se ? temps partiel impos? de passer sur demande ? temps plein. Ce statut de vie sociale et professionnelle devra ?tre compl?t? par la mise en ?uvre d?un droit au logement et ? la sant? pour tous. Il devra permettre la libre gestion de son parcours de vie et n??tre conditionn? ni ? des crit?res impos?s d?employabilit? ni ? des d?marches d?insertion forc?e. Le droit ? une formation librement choisie (universitaire, professionnelle?) et correctement r?mun?r?e devra ?tre assur? ? tous. - La cr?ation d?un fonds national, interprofessionnel et mutualis?, pour financer la mise en place du statut de vie sociale et professionnelle. Il doit ?tre bas? sur une nouvelle r?partition de la richesse produite. Il sera abond? par une nouvelle forme de pr?l?vement social (major? pour les entreprises qui pr?carisent) et par des versements de l?Etat (en partie aliment?s par le red?ploiement des fonds d?di?s aux minima sociaux et aux aides aux entreprises). La gestion de ce fonds sera assur?e par des ?lus des organisations syndicales, le patronat, et l?Etat, avec obligation de transparence et validation des d?cisions par les associations de ch?meurs et de pr?caires et l?ensemble des premiers concern?s. Le 13 mars 2007 Premiers signataires : AC !, ACT-UP, APEIS, Collectif National pour les Droits des Femmes, Conf?d?ration Paysanne, Coordination des Intermittents et Pr?caires - IdF, G?n?ration Pr?caire, MNCP, Stop Pr?carit?, Union Syndicale Solidaires